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Human Rights
Public International Law
Special Contribution
Lucie Lamarche, Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne, Université d’Ottawa
Les media canadiens s’en sont donnés à cœur joie lors de la récente défaite du Canada, aspirant encore une fois au titre de membre temporaire du Conseil de sécurité des Nations Unies. Quelques explications de cette défaite, qualifiée d’humiliante, ont dominé l’analyse : le support sans ambiguïté du Canada envers Israël; les reculs importants du Canada au titre de l’aide internationale, agrémentés d’un soupçon d’idéologie réactionnaire concernant le droit des femmes à la santé reproductive; le dossier des changements climatiques; la présence militaire du Canada en Afghanistan. Tout cela est sans doute vrai. Fait intéressant, le crescendo médiatique entourant cet épisode de la diplomatie secrète internationale n’a pas jugé opportun de demander aux collectivités de femmes leur opinion sur la question. La sécurité est l’affaire des hommes ! A cet égard, le Conseil de sécurité se garde bien pour sa part de donner suite aux recommandations d’expertes féministes et juristes (Anne Orford, notamment) qui militent en faveur de l’ouverture démocratique du Conseil de sécurité.
Personnellement, je n’ai aucun regret à l’issue de ce vote. Une attitude désinvolte ? Non. Une attitude calculée.
Je suis de celles qui croient que le Canada a joué un rôle important dans le colmatage (ce qui n’équivaut pas à une réforme) des penchants sexistes du concept de sécurité globale, pierre philosophale…