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Sébastien Jodoin Sébastien Jodoin est chercheur et avocat en droit international et se spécialise en environnement, développement, droits humains, durabilité, changements climatiques et justice de transition. Il complète actuellement un doctorat sur les liens entre les droits humains et l’environnement à la Yale School of Forestry & Environmental Studies, où il détient une bourse doctorale Trudeau. Avec le réseau Academics Stand against Poverty de Yale, il dirige notamment le Projet une justice (www.onejusticeproject.org), qui cherche à faire reconnaître aux violations les plus sérieuses des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux le statut de crime en droit international. Sébastien est également Conseiller principal au Centre de droit international du développement durable, chercheur au Centre canadien sur la justice internationale et chercheur associé au Centre de McGill sur les droits humains et le pluralisme juridique. Il a précédemment travaillé à la section canadienne d’Amnistie internationale et aux Nations Unies, au sein des tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’Ex-Yougoslavie. Sébastien détient des diplômes en droit, droit international et relations internationales de l’Université McGill, la London School of Economics and Political Science et l’Université de Cambridge. Son site web personnel est www.sjodoin.ca. Legal Frontiers lui a posé quelques questions sur ses expériences en droit international.

Entretien avec Sébastien Jodoin

Q : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

R : Je travaille sur le Projet une justice, qui vise à faire reconnaître aux violations graves des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux le statut de crime en droit international. Ce projet a pour objectif ultime d’atteindre une même justice pour toutes les catégories des violations de droits humains, en mettant en place une imputabilité pénale individuelle pour des actes d’une gravité similaire aux crimes internationaux actuels. Il est paradoxal de nos jours que les dommages environnementaux graves ou les expériences médicales portant atteinte à la vie ou santé des populations soient des crimes en temps de guerre, mais non en temps de paix.

Notre horizon rapproché est la Conférence de 2012 de l’ONU sur le développement durable, qui vise à rendre compte des progrès réalisés vingt ans après la Conférence de Rio de 1992. Nous estimons qu’il manque une composante de justice et de droits humains, et c’est cette perspective que nous aimerions amener à la Conférence l’an prochain. Une déclaration des États n’est pas envisageable à ce stade, mais on peut penser à un texte commun rédigé par la société civile et les États qui souhaiteront y participer. À Rio, notre rôle sera essentiellement de poursuivre nos efforts de conscientisation pour obtenir l’adhésion du plus grand nombre de parties prenantes pour la reconnaissance des violations graves de tous les droits humains…

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